En 2012, notre psychologue a accompli un travail d’accompagnement, de soutien et de suivi auprès de 39 femmes en difficulté, hébergées ou suivies.

Selon les cas, ces suivis ont duré l’année entière, un bon nombre ont été plus ponctuels. Parfois, un suivi discontinu a laissé place à un temps de réflexion, puis à la reprise d’un travail plus approfondi.

La rencontre avec une psychologue constitue, pour la grande majorité des femmes concernées, une nouveauté. Peu d’entre elles possèdent les éléments d’expérience ou culturels les préparant à cette rencontre. Ce sont les accueillant.es qui les soutiennent et les encouragent en ce sens, chaque fois que cela leur paraît utile.

Plusieurs femmes reçues par la psychologue avaient déjà réglé une situation de violence sur le plan pratique, mais se sentaient très éprouvées sur le plan psychique, très en questionnement quant aux causes de ce qui leur était arrivé et voulaient mieux comprendre. Elles pensaient, à juste titre, qu’une aide était la bienvenue pour surmonter leurs traumatismes, et pour aider leurs enfants en conséquence.

Quelques femmes, prises dans une situation conjugale difficile mais ne se sentant pas prêtes à la rompre, ni capables de la modifier, sont venues là pour réfléchir à ce qui se passait, réfléchir et devenir plus fortes, mieux capables de décider.
Pour certaines, la conjugaison d’un divorce difficile et d’une perte de travail a rendu leur épreuve très pénible.
Certaines, prises dans des situations inextricables, ont tenté de venir déposer là leur extrême tension et leur angoisse.
Plusieurs, grâce à ce travail de réflexion approfondi, ont pu véritablement passer à une nouvelle étape, mieux armées et plus sûres d’elles. Toutes en ont tiré bénéfice, d’une façon ou d’une autre, même si le travail entrepris mériterait parfois d’être repris ou poursuivi.
Six parmi ces femmes sont venues avec des demandes spécifiques concernant leurs enfants, ayant peur que les violences du mari ou ex-mari aient laissé des séquelles graves dans l’esprit de leurs enfants, s’interrogeant sur leurs difficultés à être mères. Les enfants, jeunes ou adolescents, de par la réflexion de leur mère avec la psychologue, ont ainsi bénéficié de ce travail. A cet égard, il s’agit là d’un véritable travail de prévention d’éventuelles violences à venir.

Les femmes rencontrées durant leur hébergement ont recherché un lieu de parole dégagé du « faire », ainsi qu’un soutien différent, complémentaire de celui qu’elles recevaient des permanent.es. Aucune n’aurait pu consulter sans le soutien actif des permanent.es et sans la relation de confiance qui s’était établie entre eux.
Deux jeunes femmes demandeuses d’asile (hébergées au CAUDA) ont été reçues à la demande de leurs accompagnants sociaux. Les violences sexuelles qu’elles avaient subies donnant à penser que notre psychologue serait à même de les aider ponctuellement.

L’ensemble de ces accompagnements a continué à être varié dans sa forme, l’idée étant de se tenir au plus près des demandes. Les résultats, de façon générale, ont été très sensibles.

La psychologue a pris part à la réflexion de l’équipe quant à l’accompagnement des enfants hébergés et/ou suivis avec leurs mères.
Les initiatives nouvelles qu’elle a prises en compagnie de la personne référente des enfants, initiatives sous la forme de temps contes, et d’ateliers contes et expression libre, ont permis une meilleure écoute des enfants et facilité leur orientation vers des pôles de soin, quand cela paraissait nécessaire.